Médicaments non utilisés (MNU)

N'envoyez pas de médicaments collectés au Sud!

Si certaines régions du monde manquent cruellement de médicaments, en raison de leur faible niveau de développement, de catastrophes naturelles ou de guerres, l'envoi de médicaments non utilisés (MNU) n'est pas la solution: cette démarche généreuse est en effet génératrice d'"aide" dangereuse et de nouveaux problèmes.

plaquette abîméeMNU de qualité non garantie

Les conditions de transport, de stockage et de distribution des MNU ne garantissent pas le maintien de la qualité initiable des produits envoyés.

 

 

soins sri lankaMNU inadaptés aux situations

Les pays en développement ou en situation d'urgence n'ont pas les mêmes besoins que les pays européens ou occidentaux.Les médicaments d'usage courant en Suisse peuvent ainsi s'avérer inutiles puisqu'ils ne répondent pas au profils épidiémologiques du terrain. La plupart d'entre eux ne sont par ailleurs pas conçus pour les conditions climatiques du Sud, à l'instar des suppositoires qui résistent mal à la chaleur. Enfin, en situation d'urgence, les interventions des équipes médicales en personnel réduit nécessitent un apport régulier en médicaments spécifiques aux pathologies locales (antibiotiques injectables, perfusions, etc.) et conditionnés de manière adaptée aux situations (format hospitalier).

 

piqures madaMNU inconnus du personnel local

La plupart des boîtes de médicaments non utilisés envoyés ne portent pas l'indication de la dénomination commune internationale (DCI), mais seulement le nom de la marque, inconnue dans nombre de pays receveurs. Les notices sont, elles aussi, souvent écrites dans des langues que le personnel local de santé ne comprend pas. Cela engendre une potentielle mauvaise utilisation ou à mauvais escient de ces médicaments. 

Selon une étude de Pharmaciens Sans Frontières International, sur les centaines de tonnes de médicaments envoyés dans les zones sinistrées après le tsunami de 2004, 70% étaient inconnus dans les pays de réception.

médicaments périmésMNU à durée de conservation trop courte

Beaucoup de MNU sont inutilisables car expirés, proches de la date d'expiration ou ne portant tout simplement pas d'indication de la date de péremption. Notons que les date d'expiration ne sont valables que si les conditions de stockage son appropriées (température, humidité et lumière adéquates). Le traitement de patients avec des médicaments expirés induit une réduction de la réponse thérapeutique et peut avoir de graves conséquences si la dégradation du médicament est significative.

Selon l'OMS, la consommation d'antibiotiques de mauvaise qualité, incluant les médicaments expirés et les contrefaçons, constitue l'un des principaux problèmes dans le développement des résistances antibactériennes dans les pays en développement. (source).

Selon une étude de PSF International, sur les centaines de tonnes de médicaments envoyés dans les zones sinistrées suite au tsunami de 2004, 25% étaient périmés. 600 tonnes de médicaments périmés ont dû être directement éliminés, occasionnant un coût de 2'400'000 euros.

destruction de médicaments périmésMNU coûteux pour les pays receveurs

Les efforts que le personnel sur place doit déployer pour trier, stocker et coordonner les médicaments non utilisés occasionnent des coûts financier, humain et d'espace, souvent peu disponibles dans les situations d'urgence.

Face aux quantités de médicaments envoyés, surtout suite aux catastrophes médiatisées, les capacités de stockage locales s'avèrent insuffisantes. Il faut donc sacrifier des espaces dans les centres de santé ou louer de nouveaux espaces pour pouvoir trier les MNU. Les dépenses relatives aux taxes, à l'entreposage et au transport dépassent ainsi souvent la valeur des médicaments eux-mêmes.

Selon une étude de PSF International dans la Province de Banda Aceh à Sumatra, de l'espace et des chambres de trois hôpitaux et d'un centre de santé ont été sacrifiés pour stocker les MNU envoyés.

L'envoi de MNU occasionne également un coût humain pour le tri des médicaments. L'énorme masse de produits, ne pouvant être trié à temps, pose également le problème de la gestion de ces MNU après la catastrophe.

Lors des grandes innondations ayant eu lieu au Vénézuela en 2000, 70% des médicaments ont dû être détruits. 16'000 dollars ont été dépensés pour engager du personnel afin de trier les MNU, tandis qu'une ligne de téléphone de soutien psychologique aux victimes a été fermée pour cause de manque de fonds.
(Cf: Thomas M., Drug Donations: Corporate Charity or Taxpayer Subsidy? in War On Want, 2001)

 

Visionner le film Le second Tsunami

Le second tsunami"Le second Tsunami", c'est le nom que les Indonésiens ont eux-mêmes donné au chaos généré par les tonnes de médicaments inappropriés déversés sur la Province d'Aceh, en Indonésie, en réponse au tsunami du 26 décembre 2004.

Quelle est donc cette aide humanitaire qui, au lieu de protéger des pays déjà fragilisés par une catastrophe, met en danger la santé de leur population et déstabilise leur économie?

Dans ce film, vous trouverez les témoignages des différents acteurs chargés de gérer ce "second tsunami". Il a été réalisé par Comme 1 image, à la demande de Pharmaciens sans Frontières - Comité International, et a pour but de sensibiliser gouvernements, entreprises et organisations sur l'urgence de respecter les Principes directeurs applicables aux dons de médicaments de l'OMS.

Voir le film ici